Montérégie, le 19 février 2026 – Les productrices et producteurs agricoles de la Montérégie tirent la sonnette d’alarme : le fonctionnement actuel de la bourse du carbone impose une charge financière injustifiée au milieu agricole, puisque les véritables grands émetteurs leur refilent la facture. Qui plus est, en aucun cas un tel système ne favorisera la diminution des émissions. Cette situation est inéquitable, inefficace et doit être corrigée sans délai. La Fédération de l’UPA de la Montérégie demande le remboursement à 100 % des frais de la bourse du carbone payés par les producteurs agricoles, afin de corriger une injustice qui mine la compétitivité et l’avenir de nos fermes.
Depuis l’élargissement du système de plafonnement et d’échange aux carburants en 2015, les producteurs agricoles assument une part importante des coûts liés à la bourse du carbone, alors qu’ils sont supposés être exemptés du processus. Or, les grands émetteurs, notamment les raffineries et les distributeurs de carburant, leur transfèrent ces coûts. À l’échelle du Québec, cela représente plus de 550 millions de dollars payés par le secteur agricole. Les producteurs deviennent ainsi des payeurs captifs d’un système qui rate sa cible et qui fragilise la viabilité économique de leurs entreprises, déjà soumises à d’importantes pressions climatiques, réglementaires et financières.
Le gouvernement canadien a reconnu depuis longtemps cette injustice, ayant exempté les producteurs agricoles du reste du Canada lorsque la taxe fédérale était en vigueur. Bien que, tout récemment, le gouvernement du Québec ait reconnu implicitement l’iniquité en offrant certaines compensations financières qui viendront atténuer partiellement cette injustice, ces mesures demeurent nettement insuffisantes face aux montants réellement versés, et les producteurs québécois sont toujours désavantagés par rapport aux producteurs nord-américains.
Par ailleurs, les plus récentes données de l’Indice des prix à la consommation publiées par Statistique Canada démontrent que l’inflation alimentaire au Québec a été plus élevée que dans plusieurs autres provinces canadiennes. À titre d’exemple, en janvier 2026, la hausse des prix des aliments au Québec atteignait 7,3 % sur 12 mois, un rythme supérieur à la moyenne nationale. Ce contexte accentue la pression sur toute la chaîne agroalimentaire québécoise et démontre qu’alourdir inutilement les coûts des producteurs ne contribue en rien à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs.
Il est temps de mettre fin à ce déséquilibre. Si le gouvernement du Québec reconnaît que le système est inéquitable pour l’agriculture, il doit aller au bout de la logique et rembourser 100 % des frais payés par les producteurs agricoles dans le cadre de la bourse du carbone. Tout autre scénario maintient une injustice structurelle qui fragilise la compétitivité des fermes québécoises.
« Nos producteurs subissent un déséquilibre compétitif inacceptable : partout ailleurs au Canada, l’agriculture est exemptée de la taxe carbone — Ottawa a reconnu qu’elle ne peut absorber ce fardeau — mais Québec refuse d’en tenir compte. Faire payer nos fermes sans compensation adéquate affaiblit une industrie essentielle à notre souveraineté alimentaire. La bourse du carbone doit atteindre ses cibles, mais l’agriculture ne peut plus payer une facture qui ne lui revient pas. » — Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie
Les productrices et producteurs agricoles tiennent à être clairs : ils sont favorables aux mesures de protection de l’environnement et à la lutte contre les changements climatiques. L’agriculture fait déjà sa part et multiplie les efforts pour réduire son empreinte environnementale. Toutefois, dans le cas de la bourse du carbone, ce sont les mauvais acteurs qui paient la facture sans être compensés adéquatement. Il faut que ça change !
À propos de la Fédération de l’UPA de la Montérégie :
La Fédération de l’UPA de la Montérégie représente un vaste territoire où quelque 7 087 fermes génèrent 30 % du produit intérieur brut agricole québécois et 25 % des emplois agricoles de la province. L’organisation compte 33 administrateurs regroupant des représentants de 15 syndicats locaux et de 23 syndicats spécialisés.
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Source et informations :
Mathieu Fraser
Directeur adjoint – Communications, événementiel et relations publiques
Fédération de l’UPA de la Montérégie
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